Le nom des communes valdôtaines

La maîtrise complète d'une langue ne peut se passer de la connaissance du territoire où celle-ci est née et de sa culture. Voilà pourquoi cette section contient les endonymes, c'est-à-dire les noms que chaque langue possède pour indiquer sa commune.

En sus de sa forme cristallisée au fil du temps et rendue officielle, chaque variante de francoprovençal comporte un nom spécifique pour les différentes localités : celui-ci est le fruit des changements phonétiques qui se sont succédé au cours des siècles et est typique de chaque langue vivante. En effet, la graphie officielle ne respecte pas toujours fidèlement la phonétique du toponyme, telle qu'elle est prononcée par les habitants de la commune en question, parce qu'elle tient compte d'une réflexion étymologique, historique et littéraire.[1]

Les patoisants utilisent donc un nom spécifique pour indiquer leur commune, mais pas seulement : ils traduisent dans leur variante les noms des communes les plus proches ou de celles avec lesquelles ils entretiennent traditionnellement des relations d'un type ou d'un autre (économiques, bureaucratiques, culturelles, etc.). C'est par exemple le cas du chef-lieu régional, Aoste, auquel chaque localité de la Vallée attribue un nom différent. En revanche, pour désigner les communes les plus éloignées du point de vue géographique ou économique, ce sont souvent les formes officielles qui sont utilisées.

Vous trouverez ci-dessous, la liste des toponymes dans les divers patois, fruit d'une recherche basée sur les témoignages des informateurs qui collaborent avec le Guichet linguistique et des données recueillies dans le cadre de l'Enquête toponymique effectuée en Vallée d'Aoste[2] par l'Assessorat régional de l'éducation et de la culture.

Les différentes données présentées ne concordent pas toujours : en effet, certains toponymes ont plusieurs variantes, et ce, soit en fonction du village où le témoignage a été recueilli, soit - simplement - en fonction de l'idiolecte[3] de l'informateur.

Toponyme officiel

Toponyme francoprovençal

Allein

Alèn, Allèn

Antey-Saint-André

Antèi, Antèi-Sent-André

Aoste 

Veulla

Arnad

Arnà

Arvier

Arvì, Arvyì

Avise

Oveuzo

Ayas

Ayas

Aymavilles

Le-z-Amaveulle

Bard

Bart, Bar

Bionaz

Bioun-a

Brissogne

Brèissogne

Brusson

Bretsón

Challand-Saint-Anselme

Tchalàn-Damoùn, Tchalàn-Sent-Anselme

Challand-Saint-Victor

Tchalàn-Dézot, Tchalàn-Sen-Victor

Chambave

Tsambova, Tsamboa

Chamois

Tsamoé, Tsamoué

Champdepraz

Tsandéprà

Champorcher

Tsampourtséi

Charvensod

Tsarvensoù, Tsaensoù

Châtillon

Tsatéyón, Tsateyón

Cogne

Cogne

Courmayeur

Creméyeui, Cromiyeui

Donnas

Dounah, Dounas

Doues

Doue

Émarèse

Maréiza, Imaréiza

Étroubles

Étrobble, Étroble

Fénis

Fén-ic, Fén-éc

Fontainemore

Fontramora, Fountramora

Gaby

Gòbi

Gignod

Dzignoù

Gressan

Grèsàn, Gressàn

Hône

Vion-a

Introd

Euntroù

Issogne

Issouègne

Jovençan

Dzonsàn, Dzoénsàn

La Magdeleine

La Madéléna, La Madeléna

La Salle

La Sola

La Thuile

La Tchouiille

Lillianes

Yian-e, Lilion-e

Montjovet

Mondzovet, Mondjouet, Mondjovet

Morgex

Mordzéi

Nus

Nus

Ollomont

Alomón, Allomoùn

Oyace

Asse, Iasse, Oyasse

Perloz

Perlo

Pollein

Polèn, Pollèn

Pontboset

Pombozé

Pontey

Ponté

Pont-Saint-Martin

Sa-Martìn, Sé-Martìn

Pré-Saint-Didier

Pra-Sen-Didjì

Quart

Caa

Rhêmes Notre Dame

Réma, Réma-Notre-Dama

Rhêmes-Saint-Georges

Sen-Dzordzo

Roisan

Rèizàn

Saint-Christophe

Sen-Cretoublo

Saint-Denis

Sen-Déén

Saint-Marcel

'En-Mar'éi

Saint-Nicolas

Sen-Nicolà

Saint-Oyen

Sent-Oyèn

Saint-Pierre

Sen-Piére

Saint-Rhémy-en-Bosses

Sen-Remì / Boussa, Bosa

Saint-Vincent

Sen-Vinsèn

Sarre

Saro

Torgnon

Torgnón

Valgrisenche

Vagrezentse

Valpelline

Vapeleunna

Valsavarenche

Ouhaentse

Valtournenche

Votornéntse

Verrayes

Vèèi

Verrès

Véres, Véreh

Villeneuve

Velanoua


















































































 


[1] A. Bétemps, Micro-toponymie et graphie, « Nouvelles du Centre d'Études Francoprovençales R. Willien », n° 12/1985, Saint-Nicolas (AO).

[2] S. Favre, Les noms de villages, hameaux et autres localités au Val d'Aoste : toponymes récurrents entre oralité et tradition écrite, « Nouvelles du Centre d'Études Francoprovençales R. Willien », n° 55/2007, Saint-Nicolas (AO).

[3] Idiolecte: langue individuelle, à savoir variété d'usage particulière du système linguistique d'une communauté propre à chaque locuteur.